Notre(-Dame), vous…

 

« Notre » vient du latin noster, soit « à nous », « qui nous appartient ».

C’est un adjectif possessif, première personne du pluriel au singulier.

Autrement dit, s’il n’y a qu’un seul élément possédé, les possesseurs sont forcément plus d’un.

 

Dans la famille nombreuse des croyants, les enfants ne sont pas égoïstes. Aucun ne veut confisquer le papa et la maman à son seul profit. La preuve ? La prière qui est adressée au premier et l’appellation de la seconde : ni « Mon père », ni « Ma dame », mais « Notre Père (qui êtes aux cieux) » et toutes les déclinaisons possibles de « Notre-Dame » — à commencer par les cathédrales.

 

Il est deux cas ou « notre » ne désigne qu’une seule personne : le pluriel de majesté (selon notre bon plaisir) ou de modestie (à notre arrivée).

 

Évoquons au passage le mode d’interpellation de Dieu et de sa mère en français depuis le concile Vatican II.

Lui est tutoyé. Le prédécesseur du pape François a justifié en 2005 le coup de chiffon sur nos patenôtres : « Dieu est proche de nous, si proche qu’il se fait enfant, et que nous pouvons “tutoyer“ ce Dieu ».

J’ai donc eu tort d’écrire « « qui êtes aux cieux » — j’aurais dû dire « qui es aux cieux » et enchaîner « que ton nom », et encore « donne-nous », etc.

 

La Vierge nous serait-elle alors distante ? Mériterait-elle un respect plus élevé ? En tous cas, il n’y a pas eu de modification la concernant. Quand on s’adresse à elle, le voussoiement reste de rigueur : « Je vous salue Marie », « vous êtes bénie », « priez pour nous », etc.

 

Avec les deux, aucune solution d’évitement du « tu » et du « vous » n’est possible. Qui se voit lancer « Ça va ? » à Dieu le Père ou « Elle ne m’oublie pas ? » à la Vierge Marie ?

 

Un peu de respect pour la sainte Famille, que diable !

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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