Tours jumelles

 

C’est incomparable, mais le rapprochement n’est  pas moins inévitable… En ce 11 septembre, comment ne pas revenir sur l’évocation des Twin Towers venue spontanément devant les images de Notre-Dame et de ses tours le 15 avril dernier ?

 

New York/ Paris, deux tours jumelles.

 

Toutes quatre risquant de s’effondrer après un incendie, c’est nécessairement troublant.

 

Objectivement, tout les sépare : dans un cas un attentat, dans l’autre un accident ; trois milliers de morts, pas de victime ; symbole temporel moderne, symbole spirituel ancien ; les unes sont tombées, les autres sont restées debout…

 

Mais dans une sidération identique, la référence américaine a surgi :

Nathalie Loiseau, tête de liste LREM pour les élections européennes, ancienne ministre : « C’est un peu notre 11 septembre d’une certaine manière. On se souviendra tous, où on était quand on a vu les premières images de Notre-Dame ».

Joelle Alazard, médiéviste : « C’est une sorte de 11 septembre patrimonial. »

Rémi Brague, philosophe catholique : « C’est un peu notre 11 Septembre. »

Guillaume Erner, France Culture : « L’incendie de Notre-Dame, c’est un effondrement, une sorte de 11 septembre spirituel, même lorsque l’on n’est pas chrétien. »

La porte-parole de la Maison-Blanche : « Notre-Dame restera un symbole de la France, notamment de sa liberté de religion et de sa démocratie. La France est le plus vieil allié des États-Unis et nous nous souvenons avec gratitude du glas que sonnaient les cloches de Notre-Dame le 12 septembre 2001, en reconnaissance solennelle des attentats tragiques du 11 septembre sur le sol américain. Ces cloches sonneront à nouveau. Nous sommes aujourd’hui solidaires de la France et offrons notre aide à la restauration de ce symbole irremplaçable de la civilisation occidentale. Vive la France ! »

 

Oui, des deux côtés de l’Atlantique, emblématiques étaient ces tours. Semblables et dissemblables comme le décrivait le philosophe Michel Serres, dans Le Monde, six semaines avant de mourir : « Dans un cas, nous fûmes mis en face d’une puissance temporelle qui, comme tous les pouvoirs de cette nature, s’écroulera à court terme ; de l’autre, nous étions placés devant une puissance spirituelle qui résiste à l’effondrement du pouvoir temporel. C’est cette énigme qui me frappe et m’interroge. »

 

Pour ma part, désormais, quand j’entends le mot jumelles à propos de tours, c’est à Notre-Dame de Paris de Victor Hugo que je pense :

*Les tours, sur la surface extérieure desquelles on le voyait souvent ramper comme un lézard qui glisse sur un mur à pic, ces deux géantes jumelles, si hautes, si menaçantes, si redoutables, n’avaient pour lui ni vertige, ni terreur, ni secousses d’étourdissement ; à les voir si douces sous sa main, si faciles à escalader, on eût dit qu’il les avait apprivoisées. Livre quatrième, chapitre III

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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