Notre-Dame, la face sombre du comte de Saint-Simon

 

On aimerait ne retenir de lui que les lumineuses facettes… Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825), est un jeune gentilhomme qui s’engage à 17 ans dans l’armée de libération des États-Unis aux côtés de La Fayette ; grâce à sa foi dans le progrès, il préconise une société fraternelle, prospère, libre et en paix. On appela sa doctrine le « saint-simonisme ».

 

Mais entre les deux il y a eu la Révolution. Il ne faut pas être dupe de l’abandon de sa particule par ce cousin éloigné du duc de Saint-Simon. Il profite des événements pour s’en mettre plein les poches. Associé à l’ambassadeur de Prusse à Londres, Saint-Silmon se jette dans une activité de spéculation sur les biens de l’Eglise confisqués et renommés « biens nationaux ». Pas de détails : il achète tous ceux de l’Orne. Dans ses vastes acquisitions se trouve l’hôtel des fermes de la rue du Bouloi à Paris, où il s’installe luxueusement, et le prieuré de l’abbé Maury, député du clergé et archevêque contre-révolutionnaire.

Désargenté avant la révolution, Saint-Simon devient un très riche entrepreneur. Il suit avec ardeur et succès ses activités de spéculateur jusqu’en 1797. Toutefois, il est un projet qu’il ne mène pas à bien : acheter la cathédrale de Paris pour la « débiter » et en vendre les matériaux au détail. Le futur philosophe ne perce pas encore sous le masque de la « Bande noire ».

 

Ces redoutables indifférents au passé ont horrifié un jeune écrivain, un certain Victor Hugo. Nous en parlons demain.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

PS : Cette chronique est la centième du fou de Notre-Dame.

 

 

 

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