Chère chaire

 

Siège de discours enflammés, l’Incendie l’a épargnée…

La chaire de Notre-Dame de Paris est saine et sauve. A quoi ressemble-t-elle ? Je n’ai pas trouvée dans les archives, mais j’en ai découvert une en Franche-Comté !

 

Figurez-vous que la chaire de la cathédrale parisienne est dans la basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône. Disons une chaire, mais qu’y fait-elle ? La lecture du journal régional, l’Est Républicain, le révèle : « Commandée à un ébéniste parisien nommé Marchand peu avant la Révolution, pour servir de « trône » de cathédrale à l’évêque de Chartres, cette chaire fut mise en service à Notre-Dame de Paris de 1806 à 1871. Elle fut utilisée par de grands prédicateurs.

En 1868, Viollet-le-Duc restaura Notre-Dame de Paris. Il fit disparaître tout le mobilier qui n’était pas du style gothique de l’édifice. La chaire « de Lacordaire » ne fut pas épargnée. Mise en vente, c’est le cardinal Binet, archevêque de Besançon, qui en fit l’acquisition et la déposa provisoirement dans les combles de son archevêché. En 1870, le cardinal Mathieu présidait la distribution des Prix aux élèves de son séminaire diocésain de Luxeuil. À ses côtés, se trouvait le curé de Luxeuil auquel il offrit de donner, pour son église, la fameuse chaire « de Lacordaire » qu’il gardait à Besançon. Le curé accepta avec reconnaissance. Sans tarder, ses paroissiens attelèrent des voitures pour aller chercher le fameux monument et l’installer à la basilique en 1871 après restauration. Étrange coïncidence, lorsque la chaire, dite de Lacordaire, fut installée en 1871 dans l’église, celle-ci venait d’être restaurée, sur les ordres de l’Empereur Napoléon III, par Viollet-le-Duc, ce même architecte qui avait exclu cette chaire de Notre-Dame de Paris. Une des fines sculptures en relief est la présentation de la Vierge au Temple (d’après les notes de Mgr Thiébaut). »

 

C’en est une autre qu’ont connu les pères Calvet, Carré ou Riquet au XXe siècle. Peut-être celle-ci.

 

Quant à celle de l’Ancien régime, elle a vu s’installer Mgr de Sully, de Gondi, de Noailes…

 

Tous s’exprimaient de la « cuve », devant le « dossier », sous l’« abat-voix ».

In Dictionnaire Pratique de Menuiserie – Ebénisterie – Charpente, Justin Storck, 1900

 

La chaire est souvent adossée à un pilier et l’on y accède par un escalier pour s’y exprimer debout.

 

Le mot « siège » du début est cependant plus que pertinent si l’on veut bien se souvenir qu’à l’origine il y a le latin cathedra, soit siège, qui donne cathédrale et chaire. Avec chaise, ces mots ont la même étymologie.

 

La chaire ne doit pas être confondue avec l’ambon, du grec ambôn (proéminence, élévation), une tribune. Dès le IVe siècle, les chrétiens prennent l’habitude d’y proclamer le psaume, l’Épître (généralement une lecture des lettres de saint Paul) et l’Évangile. Il leur paraît nécessaire d’être au-dessus des fidèles, ne serait-ce que pour être vu.

Les ambons sont peu à peu remplacés par la chaire, qui fait son apparition au Moyen-Âge. Destinée plus particulièrement à la prédication, elle est située au centre de la nef. Venant d’en haut, la parole prend plus de force.

 

Car, sans prêcheur, qu’est-ce qu’une chaire ?

À suivre demain.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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