Prêche en chaire

 

Perché est le prêche… Il élève les fidèles dans la compréhension de la parole de Dieu. Celui qui le délivre est appelé prédicateur. Que l’on parle de prêche, de sermon ou d’homélie, l’idée est toujours d’édifier et d’instruire l’assemblée par un message divin.

À Notre-Dame de Paris, l’ars praedicandi atteint des sommets. Qu’ils soient Mendiants — surtout dominicains, soit de l’« ordre des Frères Prêcheurs » — ou séculiers, jésuites, les prédicateurs doivent capter l’attention de l’auditoire. Ils peuvent avoir recours à des historiettes qui divertissent, font appel à la fable ou à la vie quotidienne : ce sont les exempla. Comme il s’agit d’affirmer la foi catholique, de semer les vertus et d’extirper les vices, de montrer la voie du salut, d’inspirer la peur de la damnation éternelle, le ton adapté ne peut être le murmure.

Alors, on, monte en chaire et l’on tonne. L’aisance, l’éloquence et l’emphase sont de bon ton. Des prédicateurs s’imposent et y trouvent une réelle célébrité. Dans la cathédrale de Paris, haut lieu de la chrétienté et de la parole sacrée, le plus connu est le père Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861). Dominicain, il est prié par l’archevêque de Paris, en 1835, de prêcher pour le Carême sous les voûtes capitales. Orateur romantique, il s’y montre enthousiaste, voire exalté. À propos de ces Conférences de Notre-Dame, il déclarera : « Il me sembla qu’il ne fallait partir ni de la métaphysique, ni de l’histoire, mais prendre pied sur le sol même de la réalité vivante et y chercher les traces de Dieu ».

 

Toutefois, la quintessence de l’art oratoire est représentée par un prédicateur qui, s’il a prêché à Paris, est connu comme précepteur du dauphin à la cour de Louis XIV puis évêque de Meaux, l’Aigle de Meaux : Jacques-Begnine Bossuet (1627-1704).

 

Du haut de la chaire, ils prêchent… Et la chaire s’y fait verbe.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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