L’autre cathédrale de Paris

 

Il n’y a pas qu’une cathédrale dans la capitale… Notre-Dame partage ce titre avec Saint-Louis.

Et où est Saint-Louis ? Aux Invalides. C’est une part de l’Hôtel du même nom. Étrange construction tout à la fois hôpital, maison de retraite, église, mausolée et musée.

 

À l’origine, une volonté de Louis XIV. Le roi de France ordonne par édit de 1670 l’édification d’un bâtiment pour accueillir les invalides de guerre (estropiés, aveugles, manchots, unijambistes…). Il considère qu’une action d’envergure pour soulager les soldats blessés dans des conflits de plus en plus meurtriers ne peut plus être du seul ressort de l’Église et qu’il lui appartient désormais d’en assumer la responsabilité.

Le Roi Soleil confie à ses meilleurs architectes de vastes bâtiments susceptibles de recevoir trois mille pensionnaires. Pour eux sont prévus les installations hygiéniques les plus modernes de l’époque : bains, latrines, salles aérées.

Le soin des corps ne doit pas faire oublier celui de l’âme. La place d’honneur est réservée à une église sous l’invocation de saint Louis, roi de France. Après l’hôtel conçu par Libéral Bruant, l’église des Soldats est lancée en 1676, et celle de l’église du Dôme en 1691, sous la direction de Jules Hardouin-Mansart — chapelle royale inaugurée par le souverain en 1706.

Les soldats sont tenus d’y assister à la messe quotidienne. Ils y côtoient leur monarque mais n’entrent pas par les mêmes accès. Louis XIV emprunte la riche entrée du Dôme, tandis que les soldats passent par la porte donnant sur la cour d’honneur.

Drôle de dualité. L’édification du tombeau de Napoléon dans le Dôme à partir de 1842, la renforce, et encore plus après la pose, trois décennies plus tard, d’une verrière entre les deux parties de l’édifice.

Paroisse du diocèse de Paris jusqu’à la Révolution, Saint-Louis des Invalides. En 1905, l’église des Soldats est rattachée administrativement au musée de l’Armée. Longtemps siège du vicariat général aux armées, elle devient officiellement cathédrale du diocèse aux armées françaises en 1986, indépendante de l’archevêque de Paris. Son évêque est à la tête d’un diocèse non territorial, sans frontières. Il s’étend partout où se trouvent des militaires français, leur famille, des réservistes et des ressortissants civils du ministère de la Défense. On le trouve en métropole, outre-mer, sur les théâtres d’opérations extérieures où l’armée française est engagée. Dispersés, ses fidèles se comptent par centaines de milliers.

L ’évêque aux armées (aujourd’hui Mgr Antoine de Romanet de Beaune) est également aumônier en chef du culte catholique (militaire, l’aumônier n’a ni grade ni rang). Sa nomination par le pape se fait après consultation du gouvernement français. « Le diocèse aux armées est une réalité ecclésiale, alors que l’aumônerie en chef du culte catholique est une réalité administrative ». Le diocèse est affectataire de locaux appartenant au ministère des Armées.

Originalité : malgré la séparation des églises et de l’État, la cathédrale arbore l’emblème national entre ses murs. Le chœur est le seul de toutes les églises et cathédrales qui soit orné, en permanence, de drapeaux tricolores. Il côtoie les drapeaux et bannières pris à l’ennemi accrochés sous la voûte.

 

Unique illustration officielle de l’union du sabre et du goupillon !

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

 

 

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