Notre-Dame bis, Saint-Sulpice

 

[Chronique actualisée]

Qui est-ce, au fait, Sulpice ? Né vers 576 dans le Berry, dans une famille noble gallo-romaine. Prêtre à 423 ans, il devient aumônier du palais du roi Clotaire II. À 48 ans, il est nommé archevêque de Bourges. Vivant dans la pauvreté et l’austérité, Sulpice effectue de nombreuses conversions et prend soin des indigents et des persécutés, accomplissant au passage de nombreux miracles. Le saint homme meurt à 71 ans. Surnommé le Pieux, il est honoré comme saint Patron par trois cent cinquante paroisses en France, en Belgique et en Suisse.

 

Parmi elles, l’église du VIe arrondissement de Paris, bâtie au XVIIe siècle, sur la rive gauche de la Seine. A l’époque son constructeur, Jean-Jacques Olier, souhaite construire une église pouvant rivaliser avec Notre-Dame en pouvant recevoir près de dix mille personnes. Elle est en effet, après la grande brûlée, la plus grande église de Paris. Ses tours dépassent d’un mètre celles de Notre-Dame.

 

À un kilomètre à vol d’oiseau de l’Île de la Cité, Saint-Sulpice fait fonction de cathédrale diocésaine pour les grandes cérémonies depuis l’Incendie. La messe de Pâques a été la première.

 

Il y eut aussi les obsèques de l’ancien président Chirac. La cathédrale capitale n’a toutefois pas été totalement absente de la cérémonie : son bourdon, muet depuis l’Incendie, a retenti pendant que le cortège funèbre se trouvait entre les Invalides et Saint-Sulpice. Emmanuel (c’est son nom) a été actionné manuellement, ce qui n’avait pas été réalisé depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Visite guidée :

La façade et les tours

La nef vers le chœur et vers l’orgue
L’autel
La chaire
Une messe dans la chapelle de la Vierge
Des candélabres au cas où…
La place Saint-Sulpice vue du porche

Faute de pouvoir me recueillir au pied du 2e pilier à droite de la cathédrale de Paris où Paul Claudel a trouvé la foi, je l’ai fait au 2e pilier à droite de Saint-Sulpice.

(Photos PL)

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

PS : Saint-Sulpice a donné naissance à un adjectif moqueur. « Saint-sulpicien » ou « sulpicien » ne vient pas de l’église mais des magasins d’art religieux qui l’entourent sur la place du même nom. Elles rivalisent d’images pieuses, d’objets, de représentations catholiques. Le mot est inventé en 1897 par le polémiste mystique Léon Bloy. Dans La Femme pauvre, il écrit : « [Raphaël] a tenu à faire planer ses trois personnages lumineux, obéissant à une peinturière tradition d’extase […]. L’ancêtre fameux de notre bondieuserie sulpicienne […] n’a pas compris qu’il était absolument indispensable que les Pieds de Jésus touchassent le sol pour que sa transfiguration fût terrestre. »

Depuis, sulpicien — version confessionnelle des images d’Épinal — qualifie des statuettes de saints, des tableaux figuratifs, des vitraux, des vignettes à glisser dans un missel, au style naïf, mièvre, doucereux, bariolé, conventionnel, stéréotypé, voire douteux, racoleur ou de mauvais goût. On parle de « bondieuseries », mot apparu vers 1860.

 

 

 

 

 

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