Les cathédrales en chanson

 

Par ordre d’apparition…

 

Anne Sylvestre, Les cathédrales, 1960

 

Ô bâtisseur de cathédrales d’il y a tellement d’années

Tu créais avec des étoiles des vitraux hallucinés.

Flammes vives, tes ogives s’envolaient au ciel léger

Et j’écoute, sous tes voûtes, l’écho de pas inchangés.

Mais toujours à tes côtés, un gars à la tête un peu folle

N’arrêtait pas de chanter en jouant sur sa mandole.

Sans le chant des troubadours, n’aurions point de cathédrales

Dans leurs cryptes, sur leurs dalles, on l’entend sonner toujours.

Combien de fous, combien de sages ont donné leur sang, leur cœur

Pour élever devers les nuages une maison de splendeur ?

Dans la pierre, leurs prières, comme autant de mains levées

Ont fait chapelle, plus belle que l’on ait jamais rêvée.

Le jongleur à deux genoux a bercé de sa complainte

Les gisants à l’air très doux, une épée dans leurs mains jointes.

Sans le chant des troubadours, n’aurions point de cathédrales

Dans leurs cryptes, sur leurs dalles, on l’entend sonner toujours.

Toi qui jonglais avec les étoiles, ô bâtisseur de beauté

Ô bâtisseur de cathédrales, oh puissions-nous t’imiter !

Mille roses sont écloses au cœur des plus beaux vitraux.

Mille encore vont éclore si nous ne tardons pas trop.

Et si nous avions perdu nos jongleurs et nos poètes

D’autres nous seraient rendus, rien qu’en élevant la tête.

Sans le chant des troubadours, n’aurions point de cathédrales

Dans leurs cryptes, sur leurs dalles, on l’entend sonner toujours.

https://www.youtube.com/watch?v=NlyagJyyk9E

 

 

Gilbert Bécaud, La première cathédrale, 1975

 

Jamais on n’a approché d’aussi près les étoiles
Qu’en bâtissant un jour la première cathédrale
Alléluia

Jean le tailleur de pierre
Est venu à pied
De son Limousin
Et du Bas-Languedoc
Yves le charpentier
Et ses deux cousins
Trois hivers en terre
Pour les fondations
Seront nécessaires
Mais les murs tiendront

Jamais on n’a approché d’aussi près les étoiles
Qu’en bâtissant un jour la première cathédrale
Alléluia

C’est de l’Ile-de-France
Que viennent les chênes
Et les peupliers
Et les maçons assemblent
Les poutres, les voûtes
Sur les grands piliers
Pose tes lumières
Maître vitrier
Et que le soleil
Soit ton prisonnier

Jamais on n’a approché d’aussi près les étoiles, jamais
Qu’en bâtissant un jour la première cathédrale
Alléluia

Les gens lèvent la tête
Où les architectes
Lancent les clochers
De la basse ville
Les truands, les filles
Comptent leurs péchés
En cet an de grâce
L’an mil trois cents
Lui qui nous regarde
Il sera content

Jamais on n’a approché d’aussi près les étoiles
Qu’en bâtissant un jour sa première cathédrale
Alléluia

La crosse de l’évêque
Frappe par deux fois
La porte aux clous d’or
Et l’on chante au parvis
Les pieds nus on suit
Les bourgeois d’abord
A genoux la ville !
C’est ici ton cœur
La foi te délivre
En une clameur

Jamais on n’a approché d’aussi près les étoiles, tu sais
Qu’en bâtissant un jour la première cathédrale
Alléluia

https://www.youtube.com/watch?v=fcpIAGZEetw

 

 

Jacques Brel, La Cathédrale, 1977 (mais éditées en 2003)

Prenez une cathédrale
Et offrez-lui quelques mâts
Un beaupré, de vastes cales
Des haubans et halebas
Prenez une cathédrale
Haute en ciel et large au ventre
Une cathédrale à tendre
De clinfoc et de grand-voiles
Prenez une cathédrale
De Picardie ou de Flandre
Une cathédrale à vendre
Par des prêtres sans étoile
Cette cathédrale en pierre
Qui sera débondieurisée
Traînez-la à travers prés
Jusqu’où vient fleurir la mer
Hissez la toile en riant
Et filez sur l’Angleterre

L’Angleterre est douce à voir
Du haut d’une cathédrale
Même si le thé fait pleuvoir
Quelqu’ennui sur les escales
Les Cornouailles sont à prendre
Quand elles accouchent du jour
Et qu’on flotte entre le tendre
Entre le tendre et l’amour
Prenez une cathédrale
Et offrez-lui quelques mâts
Un beaupré, de vastes cales
Mais ne vous réveillez pas
Filez toutes voiles dehors
Et ho hisse les matelots
A chasser les cachalots
Qui vous mèneront aux Açores
Puis Madère avec ses filles
Canarian et l’Océan
Qui vous poussera en riant
En riant jusqu’aux Antilles
Prenez une cathédrale
Hissez le petit pavois
Et faîtes chanter les voiles
Mais ne vous réveillez pas

Putain, les Antilles sont belles
Elles vous croquent sous la dent
On se coucherait bien sur elles
Mais repartez de l’avant
Car toutes cloches en branle-bas
Votre cathédrale se voile
Transpercera le canal
Le canal de Panama
Prenez une cathédrale
De Picardie ou d’Artois
Partez cueillir les étoiles
Mais ne vous réveillez pas

Et voici le Pacifique
Longue houle qui roule au vent
Et ronronne sa musique
Jusqu’aux îles droit devant
Puis que l’on vous veuille absoudre
Si là-bas bien plus qu’ailleurs
Vous tentez de vous dissoudre
Entre les fleurs et les fleurs
Prenez une cathédrale
Hissez le petit pavois
Et faîtes chanter les voiles
Oui, mais ne vous réveillez pas
Prenez une cathédrale
De Picardie ou d’Artois
Partez pêcher les étoiles
Mais ne vous réveillez pas
Cette cathédrale en pierre
Traînez-la à travers bois
Jusqu’où vient fleurir la mer
Mais ne vous réveillez pas
Mais ne vous réveillez pas

https://www.youtube.com/watch?v=rWJFnhnUtxY

 

 

Jean-Michel Caradec, Cathédrale, 1975

 

Cathédrale en eau gambade
Je suis là,
Cathédrale, ne chante pas plus fort
Que moi

Sur tes murs damnés ma peau de jamais vu
Qu’un enfant de ventre s’envague en robe d’oubli

Qu’on me donne un fouet que je batte la vie
Les femmes que j’aime en ma…

Cathédrale, qu’elles viennent
Je suis là
Cathédrale entre les orgues
Où je m’endors
Faites qu’elles entrent nues
Car ce n’est pas l’hiver
Septième saison, le soleil
Rouge au ciel tout blanc

Qu’on allume autour de moi des feux de joie
Et qu’elles dansent dans ma…

Cathédrale, la la la la la la la
Qu’elles dansent, qu’elles crient en sueur de l’amour
Qu’un enfant de ventre s’envague en robe d’oubli

https://www.youtube.com/watch?v=v9NY6FtUXvU

 

Franck Weyler, La Cathédrale (Didier Barbelivien), 1984

https://www.youtube.com/watch?v=iID–LxALoQ

 

Didier Barbelivien, La cathédrale, 1986

 

Et toute ton absence est une cathédrale
Et chaque jour qui passe, un morceau du vitrail
La petite lueur qu’il y a eu et qui s’efface
Comme une algue fuyante sur un banc de corail
Et toute ton absence est un ancien calvaire
Et chaque jour qui passe, un peu moins innocent
Tu t’en laves les mains, du fond de ton repaire
Tu ne sauras jamais la souffrance des grands
Et toute ta présence me serait inutile
Comme celle des vieillards qui veillent les enfants
Tu dirais des histoires, je dormirai tranquille
Je t’ai beaucoup aimée, tu ne sauras jamais quand
Tu dirais des histoires, je dormirai tranquille
Je t’ai beaucoup aimée, tu ne sauras jamais quand

 

 

Serge Lama, La cathédrale, 1998 (album Symphonique à l’Olympia)

 

La première fois que l’on vient
Un homme nous tient dans ses mains
La tête haute sous les arches
Tout comme un président qui marche
Il nous conduit devant l’autel
Pour nous faire bénir des statues
Nos mères ont mis leurs plus beaux voiles
Pour entrer dans… la cathédrale.

La deuxième fois que l’on vient
On a un missel à la main
Et d’un pas léger sous les arches
On dirait un oiseau qui marche
On s’avance devant l’autel
Sous le regard froid des statues
On a une aube en guise de voile
Pour entrer dans… la cathédrale.

La troisième fois que l’on vient
On a une main à la main
Le pas résigné sous les arches
Tout comme un prisonnier qui marche
On la conduit devant l’autel
Droite, fière comme une statue
Elle a drapé son corps d’un voile
Pour entrer dans… la cathédrale.

La dernière fois que l’on vient
On a un chapelet à la main
Et le dos voûté sous les arches
Une troupe d’hommes qui marche
Va déposer devant l’autel
Notre corps changé en statue
Nos femmes ont teint de noir leurs voiles
Pour entrer dans… la cathédrale.

L’année suivante à la Toussaint
Nos amis qui nous aiment bien
Mais qui savent qu’a sonné l’heure
De consoler celle qui pleure
La conduiront dans un hôtel
Et comme ça n’est pas une statue
Ils la dépouilleront de ses voiles
Pour entrer dans… la cathédrale.

https://www.youtube.com/watch?v=VV5tygSu4Hw

 

 

Luc Plamondon, Le Temps des cathédrales (comédie musicale Notre-Dame de Paris), 1998 (chanté par Bruno Pelletier)

Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L’homme a voulu monter vers les étoiles
Écrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre

Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L’homme a voulu monter vers les étoiles
Écrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre

Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L’homme a voulu monter vers les étoiles
Écrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre

Il est foutu le temps des cathédrales
La foule des barbares
Est aux portes de la ville
Laissez entrer ces païens, ces vandales
La fin de ce monde
Est prévue pour l’an deux mille
Est prévue pour l’an deux mille

https://www.youtube.com/watch?v=EocLKUzsaoc

 

La recherche continue.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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