Montréal est née à Notre-Dame

 

Des berges de la Seine aux rives du Saint-Laurent…

Le 3 février de l’an de grâce 1641, à la cathédrale de Paris une trentaine de catholiques assistent à une messe un peu particulière. L’officiant est Jean-Jacques Olier, fondateur des Sulpiciens. Ces nobles dames, seigneurs et prêtres, rêvent de fonder dans une île du Canada sauvage une ville placée sous la protection de la Vierge Marie. Son nom de baptême : Ville-Marie.

 

Deux ans avant, ils ont créé la « Société Notre-Dame du Montréal pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France ». Un siècle plus tôt, leur compatriote Jacques Cartier a découvert ce site qui surplombe une cité iroquoise, à quinze cents kilomètres de l’océan : « Et parmi ces campagnes est située et assise la ville de Hochelaga près d’une montagne aux alentours labourés et fort fertiles et sur laquelle on voit fort loin. Nous nommâmes cette montagne le mont Royal. » Le toponyme est caractéristique de la langue d’oc parlée par l’un des compagnons de l’explorateur, fils du seigneur de Montréal, en Aquitaine.

 

L’idée de la colonie missionnaire sur l’île de Montréal germe dans l’esprit de Jérôme Le Royer de La Dauversière. Il fait la rencontre du père Olier. Ils réunissent des individus influents et fortunés, laïcs et ecclésiastiques, tous mystiques, dans le but de réaliser leur projet de convertir les autochtones de la Nouvelle-France au catholicisme et de les sédentariser. La « folle entreprise » ambitionne aussi d’« assembler sur l’île un peuple composé de Français et d’Indiens qui cultiveraient la terre et les arts mécaniques, qui vivraient en frères et sœurs, unis dans la charité fraternelle. »

 

Les fonds levés permettent de recruter en France une cinquantaine de colons. La Société de Notre-Dame de Montréal prend officiellement possession de l’île et, le 17 mai de l’an de grâce 1642, Ville-Marie est créée. Lors d’une assemblée tenue à Paris le 9 mars 1663, la Société de Notre-Dame de Montréal est dissoute et la seigneurie de l’Île-de-Montréal est remise à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qui s’occupe depuis six ans de la desserte religieuse de l’île.

 

Jusqu’alors, cet avant-poste de la foi catholique ne dispose que d’une petite chapelle reliée à son hôpital.

 

L’ordre de Saint-Sulpice obtient du pape l’autorisation d’ériger Montréal en cure indépendante. Une première église paroissiale est érigée.

1790 La place du marché, Montréal, par Paul Sandby junior.

Elle est remplacée, en face, en 1824 par une immense église de néogothique conçue par un architecte new-yorkais, James O’Donnell.  Pouvant accueillir dix mille fidèles, la basilique Notre-Dame de Montréal sera longtemps le lieu de culte le plus vaste en Amérique du Nord, toutes confessions confondues.

Ses deux tours sont ajoutées entre 1841 et 1843. Celle de l’ouest, nommée Persévérance, abrite le gros bourdon, pesant onze tonnes. La tour de l’est, nommée Tempérance, abrite un carillon de dix cloches. Leur hauteur : 69 m — comme la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La cathédrale montréalaise est un autre édifice, à l’est de la ville, Saint-Jacques. Détruit dans le grand incendie de la ville en 1852, elle est reconstruite à l’ouest et est re-consacrée, en 1955, à Marie, Reine du Monde.

 

J’adore Montréal.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

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