Labyrinthes de cathédrales

 

Avec eux, on ne se perd pas…

 

À l’origine, il y a celui que l’architecte Dédale le construit en Crète pour y enfermer un monstre — le minotaure. Il s’y trouve tant de méandres que le taureau au corps d’homme ne peut en trouver la sortie.

Tous les neuf ans, des enfants d’Athènes lui sont sacrifiés. Thésée, fils du roi Égée, vainc le minotaure et parvient à s’extraire du labyrinthe grâce au fil qu’Ariane, fille de Minos tombée amoureuse de lui, lui a donné à l’entrée. En déroulant la bobine, il peut retrouver son chemin.

 

Dans les églises qui en proposent, un seul parcours est offert — ni choix multiples ni impasse, ni embranchements ni culs-de-sac, ni zig-zags ni entrelacs. Il n’est qu’une voie vers la rédemption, le salut. À la fin du chemin, le pèlerin, qui a fait le chemin à genoux, arrive symboliquement au Paradis, à la Jérusalem céleste. De fait, c’est un pèlerinage en Terre sainte en raccourci.

 

 

De tous les labyrinthes déambulatoires inscrits dans le sol des cathédrales gothiques en France, il ne reste que deux.

Le premier, le plus ancien, est à Chartres.

J.B. Rigaud, vers 1750

Situé dans la nef, le labyrinthe est contemporain du pavement de la cathédrale au début du XIIIe siècle. Il est constitué de deux cent soixante-douze dalles blanches en pierres de Berchères. Il offre quatre « tournants » et trente « épingles à cheveux ». On y fait d’abord les cercles les plus intérieurs avant de poursuivre sur ceux qui sont les plus éloignés du cercle ou l’on aboutit finalement.

Son diamètre est de 12,88 m et le déroulé est long de 261,55 m.

Le départ
L’arrivée (Photos PL.)

 

Au même XIIIe, la cathédrale d’Amiens inscrit son labyrinthe selon le modèle chartrain de type octogonal. Les fidèles doivent effectuer trente-huit allers-retours avant d’en atteindre le centre.

(Photo Maurice Duvanel)

 

Le Chapitre le détruit en 1825 car les gamins y jouent bruyamment pendant la messe ! Fin XIXe, il est reconstruit.

 

 

Les quatre côtés du labyrinthe vus du sol :

Détail :

(Photos PL)

 

Situé au centre de la nef, son diamètre est de 12,14 m et son déroulé est long de 234 m.

Le labyrinthe d’Amiens par votre serviteur en cinq minutes :

 

Une basilique contemporaine de Notre-Dame de Paris offre aussi un labyrinthe, mais lui plus ancien, daté de 1495 : Saint-Quentin.

 

Situé à l’entrée de la nef, dallé de noir et blanc, son diamètre est de 11,60 m et son déroulé est long de 260 m.

Ces photos ne sont pas miennes car je ne suis pas encore rendu dans la ville picarde de l’Aisne.

Je n’ai pas davantage fait le déplacement d’Évry, cathédrale contemporaine (fin XXe). Inspirée par Chartres, la cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien a inscrit un labyrinthe dans la chapelle du Saint-Sacrement.

 

Du fils d’Égée à Évry, la route est longue et belle. C’est à s’y perdre.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

PS : Une star mondiale s’est tatoué le labyrinthe de Chartres dans le dos ! Le scoop, de l’automne 2016, est signe Rémi Bonnet, mon excellent confrère de l’Écho républicain. Le chanteur britannique Sting aime tellement le joyau beauceron qu’il le porte entre ses omoplates et qu’il s’est fait construire un labyrinthe dans son jardin.

 

 

 

 

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