La copie de PC du 15 avril à Notre-Dame

 

On en apprend de belles dans le livre signé par la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris, que Grasset vient d’éditer sur son récit de l’Incendie.

 

Que révèle La nuit de Notre-Dame page 84 ? L’idée, a priori incongrue, qu’un lieutenant-colonel soumet à 19 h 35 au général commandant les troupes : créer un deuxième poste de commandement sur le parvis de la cathédrale pour détourner du PC opérationnel qui n’a nul besoin d’être détourné de son combat contre le feu qui menace de mort la cathédrale.

 

Détourner qui ? Les officiels, les autorités, les reporters qu’ils ont dans les pattes à leur grand dam. Le pompier n’use pas de l’expression mais on sent bien qu’il n’est pas mécontent de proposer le moyen de se débarrasser des importuns débarquant à la queue leu leu— fussent-ils légitimes.

 

Appât, attrape-nigaud, leurre, piège, ruse… Qu’importe le mot. Prenons copie pour l’allitération.

Notre homme, lui, parle de “PC miroir“ qui « recevra toutes les informations en temps réel mais ne sera pas le “vrai“ centre de commandement. »

« L’idée, poursuit-il, n’est pas de faire un “faux“ PC pour les politiques et les journalistes. Ils veulent savoir, ils veulent comprendre ce que nous faisons et nous ne sommes pas propriétaires de Notre-Dame. Mais on ne fait pas une bonne manœuvre dans le chaos. »

 

Comment faire alors ? « L’idée, c’est d’aimanter les autorités autour d’un second PC : quand les évêques, la maire de Paris et les ministres arriveront à tour de rôle, ils poseront des questions mais cela ne ralentira pas les opérations. Un second camion de commandement se positionnera à une quinzaine de mètres de celui du général Gontier [le patron] et assurera cette mission. »

 

Pas sot malin, rusé, et sûrement efficace ! Joli simili.

Spontanément, ça m’a fait penser (toutes choses égales par ailleurs) à Fortitude (Courage en français), l’opération de diversion en 1944 sur laquelle les Alliés comptaient pour cacher aux Allemands le lieu réel du Débarquement. Elle comprenait notamment la création d’une armée fantôme avec un état-major des infrastructures bidons et des chars gonflables. À sa tête le général Patton.

Eh bien, comme elle qui a mérité de compter parmi les vainqueurs du D-Day, le PC miroir du Parvis a contribué au sauvetage de Notre-Dame de Paris.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

PS : Le bouquin des pompiers auquel a contribué le journaliste Romain Gubert est excellent pour revivre, de l’intérieur, minute par minute, le 15 avril 2019, le combat contre le dragon de feu.

 

 

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