Notre-Dame-la-Petite

 

Quand Maurice de Sully décide d’ériger sa cathédrale dans l’île parisienne de la Cité, plusieurs lieux de culte existent dans un périmètre correspondant à la Notre-Dame d’aujourd’hui et à son parvis.

 

Au tournant du deuxième millénaire, d’est en ouest, il y avait l’église dédiée à sainte Marie (au niveau du chœur) que l’on l’appelait Notre-Dame et qui était réservée aux déjà baptisés ; Saint-Étienne (au niveau des premières travées et du parvis), plus grande et destinée aux pas encore baptisés, les catéchumènes. Toutes deux étaient cathédrales.

Il n’en reste qu’une inscription au milieu des pavés.

 

Dans le prolongement, passé un parvis étroit et encombré de boutiques, une rue, dite rue Sainte-Geneviève longée par une première chapelle, Saint-Christophe (avec en vis-à-vis l’Hôtel-Dieu-Saint-Christophe), puis une seconde, Sainte-Geneviève-des-Ardents.

(Vers 1550)

 

En 1130, sous Louis le Gros, une étrange maladie frappe les Parisiens. On la baptise « feu sacré », « feu Saint-Antoine » ou « mal des ardents ». Se symptômes : des frissons suivis de chaleurs, une soif brûlante, les yeux enflammés et tachés de sang, des maux de tête, la poitrine oppressée et les entrailles déchirées — le tout accompagné de brûlures internes, de convulsions, de délire. Quatorze mille habitants meurent.

Les médecins se montrent impuissants devant ce qui se révélera être dû à l’ingestion de farines contaminées par l’ergot de seigle, l’ergotisme.

Le ciel est appelé à la rescousse. L’évêque, Pierre de Senlis, prescrit jeûnes et processions. En vain. Il fait descendre de la châsse de Sainte Geneviève — protectrice de Paris — à Notre-Dame. Sur le parvis, sur cent trois malades l’ayant touchée tous sont guéris sure le champ, sauf trois qui se montraient incrédules et qui meurent — nous sommes le 26 novembre. Ensuite le mal commence à décroître rapidement et disparait.

Le pape Innocent II, qui vient à Paris l’année suivante, ordonne qu’à chaque anniversaire du miracle soit célébrée une fête sous le titre d’Excellence de la Bienheureuse Vierge-Marie, devenue Fête du Miracle des Ardents. À l’aube du XIIIe siècle, l’église située en face de la cathédrale quitte son nom de Notre-Dame-la-Petite, pour prendre celui de Sainte-Geneviève-des-Ardents.

 

Comme sa voisine, Saint-Christophe, elle disparait au milieu du XVIIIe siècle. De sa rue, il ne reste que des traces sur le sol du Parvis.

La grande Notre-Dame demeurait.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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