Le (vrai) fou de Notre-Dame

le père Kolbe

 

Le fou de Notre-Dame est un nom plaisant… Je n’en oublie pas pour autant qu’il a un prédécesseur autrement plus important.

Et là, la gravité s’impose. Rajmund (puis Maximilian) Kolbe est Polonais. Profondément croyant, il voue une dévotion sans faille à la Vierge Marie. Novice franciscain à 13 ans, moine à 20, prêtre à 24, il se consacre à l’Immaculée. Son amour envers la mère du Christ le fait surnommer le fou de Notre-Dame.

Maximilian Kolbe en 1936

 

Quand la guerre éclate, en 1939, son couvent fournit l’abri à des réfugiés polonais, catholiques ou juifs (tout antisémite qu’il soit lui-même). La Gestapo l’arrête en 1941 et le père Kolbe est déporté à Auschwitz sous le matricule 16670.

En juillet, un prisonnier du bloc 14, où il se trouve, parvient à s’échapper. Selon l’effrayante logique nazie, en représailles, dix autres prisonniers sont condamnés à mourir de faim.

Parmi les sélectionnés, il y a un père de famille. L’entendant se lamenter, le religieux propose de mourir à sa place, ce que les bourreaux acceptent. Les dix prisonniers sont enfermés dans un bunker souterrain du camp. La faim et la soif poussent les condamnés à la folie de s’entre-tuer après quelques jours seulement. Maximilian réussit à faire régner le calme et la piété au moyen de prières et d’oraisons, mais il voit mourir tous ses compagnons un à un.

Le 14 août, un kapo l’exécute d’une injection d’une dose léthale de phénol. Son corps est brûlé dans un four crématoire le 15 août — jour de l’Assomption de Marie.

Ainsi finit un saint homme.

Le père de famille que son sacrifice a épargné assistera à la canonisation de son sauveteur en 1982.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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