État des lieux après l’Incendie (1)

 

Sept mois et demi après la catastrophe de Notre-Dame de Paris, l’État a fait le point de la situation pour la cathédrale et son mobilier.

Bilan signé par le préfet de la Région Île-de-France, Michel Cadot (au 30 novembre).

Aujourd’hui la cathédrale.

 

« L’incendie du 15 avril a détruit une partie des voûtes, la charpente, la couverture et la flèche de la cathédrale Notre-Dame. L’état des lieux réalisé à la demande de la DRAC Île-de-France dès le 16 avril a permis d’établir le programme des travaux à mener en urgence impérieuse. Le rapport des opérations de sécurisation et de consolidation de l’édifice et une première évaluation sanitaire de l’ensemble du monument ont été présentés à la Commission nationale de l’architecture et du patrimoine le 4 juillet 2019. Le monument figurant au cœur du bien UNESCO « Paris, rives de Seine », l’objectif est de pouvoir préciser cet état sanitaire d’ici au mois de novembre 2019, en vue d’informer le comité du patrimoine mondial sur l’état de conservation de l’édifice.

 

Les voûtes hautes

Les voûtes hautes ont été très profondément touchées par l’incendie. Plusieurs parties ont été détruites. Toutefois, tous les effondrements de voûte ont été causés par un choc consécutif à la chute d’éléments de charpente, et non par les effets du feu qui aurait fragilisé davantage une partie du voûtement. L’ébranlement des parties adjacentes aux parties effondrées et l’effet réel du feu, font peser une menace sur la stabilité réelle du voûtement. Le 25 juillet, deux blocs de pierre sont tombés sur les filets tendus de la nef, provenant du trou résultant de la chute de l’extrémité haute de la flèche et plus précisément par la corbeille métallique qui précédait la grande croix sommitale. Les structures encore instables de la cathédrale et de l’échafaudage incendié font l’objet d’une surveillance continue. Ainsi, la position des voûtains et des éléments de bois calcinés à la croisée du transept sont contrôlés par laser-mètres. Des fissuromètres permettent de mesurer les éventuelles évolutions des désordres des murs gouttereaux. L’échafaudage sinistré a été équipé de capteurs de micromouvements et d’inclinaison. Des seuils d’alerte et des procédures d’évacuation sont associés aux variations détectées par ces capteurs.

 

Le pignon du bras nord du transept

Le pignon du bras nord du transept a été particulièrement ébranlé par l’incendie et notamment par la chute des éléments de charpente. Outre, le témoignage de personnes l’ayant vu basculer vers la rue avant de se rétablir, des fissures horizontales et verticales parcourent le pignon attestant bien d’un mouvement de basculement. De même, les pierres constituant la rose du pignon sont complètement rubéfiées et écaillées, des morceaux risquant de tomber sur la chaussée. Les maçonneries au revers du pignon le sont également.

 

Le pignon du bras sud du transept

A l’instar de ce qui a été constaté au nord, le pignon du croisillon sud du transept présente des désordres similaires, avec toutefois des risques bien plus grands d’effondrement de la voûte qu’il domine.

 

Le pignon ouest

Le pignon ouest, situé entre les deux tours, a été fragilisé et rubéfié sur ses deux faces. Les rampants sont éclatés et ruinés, et la statue de l’ange, qui a été déposée, était fendue sur toute sa hauteur.

 

L’angle nord-est de la tour sud – galerie des chimères

L’angle de la tour sud a été particulièrement touché par les flammes, l’orientation des vents ayant concentré les flammes sur les pierres qui ont été rubéfiées et toute sculpture saillante (crochets, moulurations, etc.) a été comme rabotée. La toiture adossée de la première travée des tribunes sud de la nef, donnant l’accès aux toitures de ces mêmes tribunes, a reçu des morceaux de pierre provenant de la galerie des chimères, occasionnant des percements ponctuels.

 

Le beffroi de la tour nord

La tour nord a également été touchée par l’incendie qui a ponctuellement atteint les charpentes du beffroi. Celui-ci abrite 8 cloches, mises en place en 2013 lors du 850e anniversaire de la cathédrale. Les flammes ont attaqué l’angle sud-est du beffroi depuis le niveau de la galerie des chimères. Quelques poutres ont été calcinées, mais leur section n’a pas permis d’être affaiblies au point de menacer la stabilité de la charpente. Néanmoins, l’appui d’un mouton de l’une des cloches doit être surveillé et l’escalier qui mène au second niveau de cloches est brûlé et fragile.

 

Les grandes orgues

Abritées par leur voûte, elle-même couverte par une toiture en dalles de pierre, et situées entre les deux tours, la tribune et les grandes orgues ont été épargnées tant par le feu que par l’eau. Pour autant, les trous béants des voûtes, l’atmosphère humide succédant à la chaleur du feu, et surtout la poussière chargée de plomb a complètement envahi l’instrument et son environnement. Les tuyaux de montre, le buffet, les sculptures, le plancher, la console, les bancs, les chapiteaux, les voûtes et les murs sont recouverts de ce même dépôt.

 

Les vitraux

L’incendie aura épargné la totalité des vitraux, en particulier ceux des deux roses des croisillons nord et sud, du XIIIe siècle, proches des flammes, alors que la rose occidentale a été protégée par la toiture en dalles de pierre qui couvre la voûte au-dessus de l’orgue. Dans un objectif de conservation et pour répondre à des questions pratiques de chantier, la totalité des vitraux des parties hautes du chœur et de la nef a été déposée et stockée chez des maîtres-verriers.

 

Les gravats au sol

A la suite de l’effondrement d’une partie des voûtes, 3 tas de gravois se sont formés sur le sol de la nef, de la croisée et du bras nord du transept. Ils étaient constitués par couches successives de pierres et moellons provenant des voûtes, des bois calcinés provenant essentiellement de la flèche et de son tabouret, et des pièces métalliques qui constituaient les crêtes de faîtage, les armatures de la flèche et les fourches supportant les statues de cuivre de la croisée déposées quelques jours avant le sinistre. Environ 80 % des décombres présents à l’intérieur de la cathédrale ont, à ce jour, été évacués, triés et conservés.

 

L’échafaudage de la flèche

L’échafaudage nécessaire à la restauration de la flèche de la croisée a été sinistré par l’incendie. Il avait été exigé qu’il ne prenne pas appui sur la charpente et sur la flèche, d’où sa résistance à l’effondrement de la flèche. La partie ouest, ayant subi l’effondrement et le basculement de la flèche, présente un affaissement en son centre, partie la moins dense en tubes. La partie centrale est également légèrement affaissée du fait de l’extrême chaleur dégagée par l’importante quantité des bois du tabouret et de la partie inférieure de la flèche. Plusieurs capteurs ont été installés sur l’échafaudage afin de mesurer ses mouvements éventuels, les analyser et lancer des alertes le cas échéant. Depuis le début du mois de novembre, les opérations de consolidation de l’échafaudage par ceinturage ont démarré. Elles devraient se poursuivre jusqu’en janvier 2020 pour permettre, à compter de février, et pour une période d’environ 4 mois, le démontage de la structure calcinée à la croisée du transept. »

 

Demain, le mobilier.

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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