Les enfants trouvés des cathédrales

 

« Laissez venir à moi les petits enfants… » Jésus pris au mot.

 

Abandonné à Notre-Dame de Paris sur le « bois de lit », Quasimodo a été précédé de milliers de garçons et filles que leurs mères ont confiés au bon cœur de l’Église. Dans les villes, les endroits ne manquaient pas pour déposer ces paquets légers en poids et lourds en malheurs, mais les cathédrales semblaient propices à ne pas leur promettre la mort immédiate. (Voir la chronique d’hier)

 

Au Moyen Âge, dans l’Île de la Cité, le parvis de la cathédrale est étroit et encombré de boutiques. En face du monument se trouve alors la rue Neuve, appelée ensuite rue Neuve Notre-Dame après la destruction de la cathédrale Saint-Etienne.

Demeurent les églises Saint-Christophe et Sainte-Geneviève-des-Ardents. Les deux disparaissent en 1745 et est édifié un hôtel qui devient l’hospice des enfants trouvés et sert jusqu’en 1838.

 

Pendant toutes ces périodes, Notre-Dame et son alentour reçoivent des enfants dont on ne veut pas ou plus, que l’on ne peut pas ou plus garder.

Il en va de même un peu partout dans le royaume. Deux illustrations :

 

À Troyes, l’abandon des enfants se fait au « tour » de l’Hôtel Dieu le Comte.

 

C’est une armoire cylindrique et tournante qui, posée dans l’épaisseur du mur, permet de recevoir à l’intérieur de l’Hôtel Dieu les enfants qu’on y dépose du dehors. Il ne reste plus qu’à faire sonner une cloche pour avertir le personnel d’une nouvelle arrivée. On le surnomme « l’augélôt », qui signifie en champenois « petite auge » et fait référence à la forme primitive du tour, et qui est garni de paille. De 1760 à 1790, l’Hôtel Dieu le Comte prend en charge 3 033 enfants trouvés. (Source : Troyes d’hier et d’aujourd’hui, par Jacques Schweitzer)

 

À Angoulème, en 1762, Noël Limousin, sieur de Hauteville, maire et capitaine de la ville, établit un bureau des enfants trouvés. Les enfants sont alors portés à ce bureau où la discrétion est de règle grâce à la « boëte », système qui permet de laisser l’enfant sans être aperçu de la personne qui le reçoit.

Dès lors, la mention « déposé à la boëte » se fait de plus en plus fréquente. (Source : Les enfants trouvés en Angoumois avant 1789, par Pierre, créateur du site Histoire Passion)

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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