Cathédrales liquides

 

Vulgairement parlé, ce sont des citernes, mais ainsi sont baptisés des réservoirs d’eau souterrains.

 

Le réservoir de Montsouris, à Paris, construit entre 1869 et 1875 sur l’un des points les plus hauts de la capitale, est l’un des cinq principaux réservoirs d’eau de la Ville. Il a été longtemps le plus grand réservoir d’eau potable du monde ! À l’intérieur, des galeries voûtées organisées en quatre bassins peuvent conserver jusqu’à 202 000 mètres cubes d’eau, ce qui lui vaut d’ailleurs d’être surnommé « la cathédrale de l’eau ».

 

La part visible de l’édifice, baptisée le lanternon, se présente rue de la Tombe-Issoire.

 

La descente de quelques marches permet de pénétrer dans la cathédrale pleine d’une eau bleutée.

 

À Saint-Martin-de-Pallières, dans le Var, c’est la citerne du château. Elle se vante, avec ses plus de 500 m², d’être, au XVIIIe siècle, la plus grande d’Europe.

Ses voûtes d’arêtes soutenues par vingt piliers rappellent l’architecture gothique.

 

Autour de Reims et d’Épernay, ce sont les caves des prestigieuses maisons productrices de champagne dans les crayères où mûrissent des millions de bouteilles — sèches donc, sauf pour le contenant à bulles.

Charles Heidsieck :

 

Moet et Chandon :

 

Mumm :

Ruinart :

 

Taittinger :

 

Veuve Clicquot :

 

J’ai aussi relevé les caves cathédrales de Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire. Ce sont des anciennes carrières de pierres de Falun devenues au fur et à mesure des habitations troglodytiques.

 

Si les cathédrales gothiques pointent vers le Paradis, les souterraines ne visent pas pour autant l’Enfer.

 

Demain, les fourmilières et les termitières.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

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