La cathédrale du XXe siècle ? L’automobile !

 

Suite et (presque) fin des cathédrales qui n’en sont pas.

 

La thèse est signée Roland Barthes : « Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique. »

 

Il l’écrit dans Mythologies, publié en 1957. Pour saluer la DS, dernière création de Citroën, le sémiologue évoque une « Déesse », une voiture qui « tombe manifestement du ciel », « le meilleur messager de la surnature ». Le véhicule « lisse » est comparé à « la tunique du Christ [qui] était sans couture ». Il est question de « spiritualisation [qui] se lit dans l’importance, le soin et la matière des surfaces vitrées ». Au point d’en faire des vitraux ?

 

Poursuivons la métaphore barthésienne. La charrette relèverait alors de l’art roman et le vélo s’apparenterait à l’église de quartier. L’habitacle motorisé et protecteur est-il nef et autel ? Le train et l’avion seraient-ils d’autres temples ?  Et la roue de secours est-elle une auréole ?

 

Le XXIe siècle écolo se libèrera-t-il de l’auto, opium du peuple ? Les stations-services seront-elles désertées comme se vident les églises ?

 

Rudes questions !

 

Demain, cap sur le Moulin-Rouge.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *