Notre-Dame et le bouquiniste

 

Tenir des boites vert wagon pleines de livres d’occasion en face de la cathédrale de Paris : ce n’est pas donné à tout le monde — surtout quand on est journaliste.

 

Cette gravure est sur un mur de chez Jean-Louis Crimon.

Je connais ce confrère de longue date et, entre deux rédactions, il a été bouquiniste sur les quais de la Seine trois ans durant.

Aujourd’hui, ce Picard voyageur (outre la Capitale, il a vécu en Scandinavie et en Chine où il a écrit un inoubliable Du côté de chez Schuang) a reposé ses bagages à l’ombre d’une autre Notre-Dame (auteur d’une originale ode à sa ville).

 

Pour moi et pour l’éternité, l’ami Jean-Louis est associé à une formule formidable : « Je suis une betterave qui rêve de voir la mer. »  Il la prononce fin décembre 1983, un soir de spleen dans son journal, Le Courrier Picard. Ça se passe dans un échange avec un confrère : « N’importe comment, on ne fera jamais ici que des betteraves et des cimetières militaires, et moi, et Moi… — Et toi, et toi ? — Et moi, je suis une betterave qui rêve de voir la mer. »

La formule plaît tant au secrétaire de rédaction qui passait par là que ce cri du cœur se retrouve imprimé à côté du carnet mondain, dans l’encadré traditionnel entre le saint du jour et la météo, à la place de la citation d’un écrivain célèbre.

 

La suite, dans son bouquin :

 

Marcel chassé par une plante fourragère !

 

Autre Je me souviens :

 

En 2019, ça donne ça.

(Photo PL)

 

Quand je suis allé voir Jean-Louis, le mois dernier, il m’a immortalisé en compagnie de la cathédrale d’Amiens dans une intéressante composition.

(Photo JLC)

 

Crimon est aussi un artiste de la photo.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

 

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