Le moderne autel de Notre-Dame

 

Soudain, une œuvre moderne dans un lieu sacré d’un classicisme protégé…

 

Jusqu’à l’Incendie, en avant du maître-autel et légèrement en retrait de la Vierge à l’Enfant, l’autel de Notre-Dame de Paris est un bloc de bronze orné d’1,15 m de haut, orné de huit personnages de l’Ancien et du Nouveau Testaments, quatre sur la face vue des fidèles et deux sur chacun des côtés.

 

Le créateur est un sculpteur nommé Jean Touret. Né en 1916, il a dix ans de plus que celui qui lui commande l’œuvre, Jean-Marie Lustiger.

 

Quand les deux hommes se rencontrent, dans les années 1960, l’ecclésiastique est aumônier de la Sorbonne et les étudiants l’appellent Lulu. Au fil des ans, des œuvres vont naître de leur amitié, jusqu’à cet autel épuré pour le joyau gothique de la capitale dont Mgr Lustiger est devenu l’archevêque.

 

Pendant des semaines, l’artiste et l’homme d’Église tâtonnent — croquis et maquettes en témoignent.

 

L’autel achevé :

(Extraits du film de Grzegorz Tomcz, Touret Lustiger, au miroir d’une amitié, 2013, diffusé par KTO).

 

Jean Touret meurt en 2004 et Jean-Marie Lustiger en 2007.

Selon le petit-fils du sculpteur, leur autel n’a pas survécu à la catastrophe du 15 avril dernier, écrasé par la chute de la voûte.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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