Le sabre et le goupillon

 

Face à la République, deux institutions unissent leurs forces : l’Armée et l’Église.

La première lutte à coups de sabre quand la seconde distribue les coups de goupillon. L’arme blanche et l’eau bénite s’allient pour opposer à la IIIe un pouvoir militaire et religieux

 

Il semble que Georges Clemenceau soit le père de la formule « le sabre et le goupillon » pour désigner la « sainte alliance » de groupes hostiles à la République. Mais je ne trouve aucun texte, écrit ou discours, qui l’atteste.

 

Dès 1848, Auguste Blanqui fustige « la tyrannie du capital plus impitoyable que celle du sabre et de l’encensoir ».

En 1898, on dénonce la « clique clérico-militaire ». Cette année-là, Jean Jaurès évoque « la confrérie du sabre et du goupillon » et Eugène Pottier « les sabreurs et les goupillonneurs ».

 

Le choix des deux objets est savoureux. Ç’aurait pu être le képi et l’hostie, l’uniforme et la soutane, le fusil et la crosse (d’évêque), la cathédrale et la caserne…

 

Non, ce fut le sabre…

 

… et le goupillon.

 

Dans l’armée française, l’arme blanche recourbée devient réglementaire pour certaines unités à la fin du XVIIe siècle, dont le sabre de Grenadier à cheval de la Maison du Roy, vers 1695.

Rarement utilisé aujourd’hui, hors parades et défilés, le sabre demeure l’apanage des officiers, comme arme de prestige et symbole de l’état militaire.

 

Le goupillon est un manche de bois ou de métal, muni d’une boule trouée utilisé pour prendre de l’eau bénite et la répandre sur les fidèles ou sur les objets que bénit le prêtre. Sorte d’arrosoir miniature, cet objet liturgique asperge.

 

Fin demain.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

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