La fille aînée de l’Église

 

Ah ! les racines chrétiennes de la France… Elles sont si profondes qu’un pape a créé une expression pour désigner le pays : la fille aînée de l’Église.

 

Elle est popularisée en 1896 dans la correspondance entre le pape Léon XIII et le cardinal Langénieux, archevêque de Reims, à l’occasion du quatorzième centenaire du baptême de Clovis. « Cette noble nation devait mériter, par sa fidélité et ses éminents bienfaits d’être appelée la fille aînée de l’Église », écrit le souverain pontife. Le Français se charge de diffuser la formule.

 

Elle naît, semble-t-il, en 1884, dans une encyclique du même pape, destinée spécialement à la France qui, « embrassant de bonne heure le christianisme, à la suite de son roi Clovis, eut l’honneur d’être appelée la fille aînée de l’Église ».

 

Le Trésor de la langue française retrouve l’expression, la même année, sous la plume de Péladan : « Le jour où la France ne sera plus la fille aînée de l’Église, elle sera mûre pour la curée teutonne ».

Jusque-là, le « fils aîné de l’Église » désigne le roi de France, qui se fait aussi appeler « très chrétien » ou « l’oint du Seigneur ». Un nonce utilise bien le mot au féminin, en 1564, mais c’est pour parler de la reine Catherine de Médicis. Quant à « la fille aînée du roi de France », c’est l’Université.

 

Jean-Paul II, au Bourget, en 1980, lance : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

 

 

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