Notre-Dame d’Haïti

 

« Nous sympathisons profondément, car nous connaissons les douleurs de la perte inestimable d’une église. » Ainsi s’exprime Max Leroy Mésidor après l’incendie de Notre-Dame de Paris.

Il sait de quoi il parle : l’archevêque de Port-au-Prince a vu sa cathédrale, Notre-Dame-de-l’Assomption, éventrée, réduite à un amas de pierres et de ferrailles, symbole des ravages d’un tremblement de terre qui a tué plus de 280 000 personnes.

 

Qu’écrire dix ans après ce 12 janvier 2010 ? A quoi sert le sermon sur le milliard d’euros promis pour la gothique et médiévale française tandis que la néo-romane haïtienne du début XXe siècle peine à trouver 50 millions de dollars pour sa reconstruction (même si elle n’est pas le sujet de ce blogue) ? Qu’est-ce par rapport à la misère dans lequel, depuis si longtemps, tout un peuple est plongé — celui dont Aimé Césaire s’exclame dans Cahier d’un retour au pays natal : « Haïti où la Négritude se mit debout pour la première fois et dit qu’elle croyait à son humanité… » ?

 

Le Figaro note ce matin qu’à la place de la cathédrale Port-au-Prince des « piliers encore debout continuent de s’élancer sans but vers une nef absente ».

 

Alors, voici juste quelques photos. Notre-Dame avant le séisme…

 

… et après :

 

Autres mots cités par Le Figaro, ceux de l’architecte Patrick Coulombel, spécialiste de la construction humanitaire d’urgence : « Cette cathédrale est à l’image du pays : par terre, et pas près de se relever ».

 

L’indécence d’ajouter quoi que ce soit.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

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