Vocabulaire religieux

Au-delà des billevesées partisanes sur les racines chrétiennes de la France, il n’y a pas de doute que nos mots puisent profondément dans la tradition catholique.

Du bruit dans Landerneau, Dictionnaire des noms propres du parler commun, mon premier livre — une bible ! —, je soulignais combien nos expressions comptaient en sources principales les mythologies grecque et latine ainsi que les textes saints.

Ainsi : En costume d’Adam, Tour de Babel, un festin de Balthasar, tranquille comme Baptiste, la Bible, l’œil de Caïn, un Capharnaüm, il faut rendre à César…, le chemin de Damas, le combat de David et Goliath, remonter au Déluge, un Éden, les plaies d’Égypte, les Enfers, le plat de lentilles d’Ésaü, parole d’Évangile, en tenue d’Ève, Ne connaître ni d’Ève ni d’Adam, vieux comme Hérode, tous les péchés d’Israël, l’échelle de Jacob, une Jérémiade, pauvre comme Job, le baiser de Judas, le Léviathan, un Maccabée, pleurer comme une Madeleine, le manteau de saint Martin, vieux comme Mathusalem, attendu comme le Messie, le Moloch, un Nemrod, l’arche de Noé, le manteau de Noé, un Philistin, jouer les Ponce Pilate, une Salomé, le jugement de Salomon, un bon Samaritain, tel saint Sébastien, Sodome et Gomorrhe, les marchands du Temple, tel saint Thomas.

Ajouterais-je aujourd’hui l’incendie de Notre-Dame ? Sans doute pas, mais, outre les noms propres, c’est par brassées que nous accueillons les mots bibliques et de la légende catholique : dire amen, ange gardien, apocalypse, bon apôtre, baptême, boire le calice jusqu’à la lie, bouc émissaire, brebis égarée, calvaire, cène, colosse au pied d’argile, connaître au sens biblique, passer au crible, chemin de croix, porter sa croix, donner le bon. Dieu sans confession, fosse aux lions, genèse, le bon grain et l’ivraie, jeter la première pierre, onanisme, la paille et la poutre, comme la prunelle de ses yeux, sabbatique, ne pas savoir à quel saint se vouer, être le sel de la terre, loi du talion, traversée du désert…        

Si l’on ajoute des traces de prières — Alléluia, C’est mon crédo, Je le confesse, Mea culpa, Patenôtre —, et le JT de 20 h baptisé grand’messe, pour sûr, les voies du Seigneur sont impénétrables !

Et comme on en apprend tous les jours, c’est mon médecin à Illiers-Combray qui m’a fait connaître l’expression « Arriver à la fumée des cierges » pour « arriver trop tard ».

Il n’est jamais trop tard.

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

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