Mes cathédrales agricoles

Quand la décision fut prise de quitter le champ proustien au profit de la recherche sur Notre-Dame de Paris et ses sœurs gothiques, d’aucuns me demandèrent si j’allais aussi sortir d’Illiers-Combray !

Et pourquoi partirais-je ? Outre la proximité de Chartres et de sa « Belle verrière » bleue, n’ai-je pas près de chez moi d’autres cathédrales emblématiques de leur région ?

En effet, qui dit Beauce dit grenier de la France ; et qui dit grenier dit magasin à grains. Dans mon coin, ce n’est pas ça qui manque.

À Illiers-Combray
À Bailleau-le-Pin

Comme les cathédrales chrétiennes, ces silos — puisqu’ainsi on les nomme — recèlent un trésor. Ici, point d’or mais des épis dorés ; pas de reliques, du vrac ; plutôt que des références célestes, des produits de la terre chère au paysan beauceron ; rien de prestigieux, du fonctionnel. On ne compte pas en nombre de fidèles accueillis dans la nef mais en milliers de mètres-cubes pour stocker les récoltes.

Finalement, ces bâtiments du XXe façonnent davantage le paysage que les tours de Notre-Dame de Chartres. Si l’on devait vénérer une sainte patronne, ce serait la « Belle céréalière ».

Et si, un jour, je dois délaisser les cathédrales pour les châteaux, j’aurais, toujours à Illiers-Combray, un édifice qui répond à cette nomenclature — fût-il d’eau.

(Photos PL)

Pour sûr, on a les monuments qu’on mérite.

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *