Prologue

Me revoilà… Euréka ! Hosanna ? J’ai fouillé, je crois avoir trouvé — même si je tâtonne.

Il y a tout juste un mois, ce blogue a achevé son existence. Un cycle de près de six ans s’achevait. Pendant tout ce temps, j’ai vécu avec Proust, par lui et pour lui. Venu à Illiers-Combray par passion pour À la recherche du temps perdu, j’ai considéré qu’il fallait tourner la page.

Homme de passion, j’ai du mal à mettre ce mot au pluriel. Si je me retourne, je m’aperçois qu’un centre d’intérêt se doit d’être exclusif, qu’il m’est difficile de le partager.

Une vie professionnelle de journaliste à Paris ne m’a vu passionné que d’information.

Parti aux Antilles, j’ai consacré un temps fou à Aimé Césaire — sa vie, son œuvre — sans l’avoir vraiment choisi. J’ai eu beau affirmer que j’étais venu en Martinique pour l’auteur du Cahier d’un retour au pays natal, c’était une construction a posteriori. En 2002, ayant écrit sur le centenaire de l’éruption de la Montagne Pelée et de la catastrophe qui s’en est suivie à Saint-Pierre (deux livres), je me suis retrouvé un temps sans projet éditorial. J’en ai été chiffonné jusqu’au jour où j’ai eu une révélation : la Martinique a deux sommets — le volcan et Aimé Césaire. Il devenait naturel de me consacrer au second, et je l’ai abordé, comme le premier, « par la face nord ». Cette évidence m’a permis de ne pas me poser la question de l’outrecuidante vanité d’écrire sur Césaire.

Comme ce n’est pas le sujet, je passe sur mes liens avec le poète élu qui m’a admis près de lui au point de me lancer un jour : « Je vous adopte ». Deux livres plus tard (ABC… ésaire et Rencontre avec le nègre fondamental réédité en Conversation avec Aimé Césaire) et le héros décédé, j’ai refait mes valises.

Cap sur l’Afrique (une idée de Violette, mon épouse, ma chère et tendre) pour me pencher sur Béhanzin, souverain aussi réel que légendaire du Dahomey. Le pays s’appelle aujourd’hui le Bénin. J’y ai écrit deux livres (Le roi Béhanzin, du Dahomey à la Martinique et La Mission sacrée du prince Ouanilo). Et c’est à Cotonou que j’ai réussi, après des décennies de tentatives, à lire la Recherche. J’en suis tombé raide dingue.

La vie a voulu que nous devions quitter cette existence et revenir au pays. J’ai raconté mille fois que d’aller vivre « chez Proust » s’est imposé et c’est ainsi que nous avons emménagé dans la commune de tante Léonie.

Six ans et un blogue plus tard (Le fou de Proust), j’ai choisi de mettre un terme à une aventure aussi illégitime que celle avec Césaire — écrire sur Proust ! Et puis quoi encore ?

Et quoi après ? Si vous voulez bien me suivre, nous en reparlons demain.

Parole de proustiste

Patrice Louis

(Signature en sursis)

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