Décisive étincelle

Le fou a fouillé et il a trouvé.

Dès le début de cette année, ayant retenu l’idée de reprendre un blogue, j’ai cherché ce qui pouvait succéder à Marcel Proust. Qui ? Quoi ?

Les semaines et les mois se sont enchaînés sans que la lumière se fasse. Je vous épargne les thèmes envisagés, approchés. Aucun écrivain ne s’imposait. Aucun lieu n’attirait mon regard (d’autant que je n’envisageais pas a priori de quitter Illiers-Combray). Aucun thème ne m’inspirait. Il n’est pas évident d’affirmer que l’on va se montrer original et novateur.

Vint le 15 avril. Depuis quelques jours, je m’abimais dans une réflexion autour du labyrinthe quand la lumière a surgi d’où nul ne risquait de l’espérer d’autant qu’elle était funeste.

J’attendais un déclic, ce fut une étincelle qui me révéla l’objectif. A 18 h 20, ce lundi-là, sur l’Île de la Cité, le feu se mit à couver sous les combles de Notre-Dame de Paris. Quelques minutes plus tard, la forêt s’enflammait. Dans la nuit, la cathédrale était en danger de mort. Le mardi matin, elle était toujours vivante.

Je tenais mon sujet. Pour celle qu’il a permis d’épargner il y a près de deux siècles, Victor Hugo avait inventé le sonneur de Notre-Dame (Quasimodo) et le roi des fous (Clopin Trouillefou). Le rôle de fou de Notre-Dame était à prendre. Je l’ai saisi.

Tout me devint alors évident. Surtout après que le président de la République a fixé un objectif : rebâtir la cathédrale en cinq ans. Ainsi, je disposais même d’un horizon pour mon blogue : 1867 jours entre la catastrophe et la renaissance. Ce 11 juin, nous en sommes à J — 1771 (le temps d’un cycle pour ma version proustienne du blogue).

À moi, les chroniques sur l’avancement du chantier, sur le chef d’œuvre, sa construction de la première pierre à Viollet-le-Duc , sa vie depuis sa naissance avec ses secrets petits et grands, sur ce qui anime les bâtisseurs de cathédrales, sur les rivales de celle de la Capitale — en France, de Reims à Strasbourg, d’Albi à Amiens, de Rouen à Chartres —, sur ces constructions qui défient les dimensions humaines des pyramides pharaoniques aux gopuras hindouistes, sur ce que les cathédrales ont inspiré aux créateurs (de Rabelais à Monet, de Chagall à Brassaï, de Péguy à Disney), et tant d’autres thèmes qui écloront en cours de route.

Fini de détailler une œuvre de papier, il me faudra regarder pour admirer, arpenter pour découvrir, explorer pour partager. Oui, le fou va fouiller pour être inspirer. Et, pour rester fidèle, je décortiquerai le roman de Victor Hugo.

À l’heure où je vous propose ces lignes, ma réflexion avance toujours à tâtons mais le fou de Proust ne connaissait pas mieux son chemin quand il a parcouru encore et encore… la cathédrale proustienne !

Si vous me suivez toujours, nous en reparlons demain.

Parole de proustiste…

Patrice Louis

(Signature défunte)

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