C’était il y a trois mois

Ardentes Pâques en perspective

 

La semaine sainte s’annonce sereine à Notre-Dame de Paris…

Ce dimanche 14 avril 2019, elle s’ouvre avec la traditionnelle grand’messe des Rameaux. Sur le parvis, la foule des fidèles en fête forme une haie que fend la procession.

 

Ils tiennent des branches de buis, d’olivier ou de laurier. Ils rappellent les rameaux verts, des feuilles de palmiers, qui tapissent les rues de Jérusalem, disposés par une foule qui veut offrir une entrée magistrale à Jésus. Le retour du Messie a lieu une semaine avant la Pâque juive.

Avant de célébrer l’office de 18 h 30 diffusée par la télé catholique KTO, l’officiant frappe la grande porte de la cathédrale avec sa crosse pour qu’entre « le roi de gloire ».

 

Dans une semaine, le Christ monte au ciel. Notre-Dame de Paris, comme toujours, sera au rendez-vous de Pâques, flamboyante.

 

Il y a trois jours, seize statues de cuivre ont pris la voie des airs. Œuvres d’Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume, elles entourent la flèche de Notre-Dame depuis un siècle et demi. Chacune pèse 150 kilos et mesure 3,40 mètres. Sont représentés les douze apôtres et les quatre évangélistes. Thomas, saint patron des architectes, a les traits de Viollet-le-Duc — une coquetterie.

 

En mars, ces gardiens muets ont été décapités au chalumeau pour accéder à leur structure intérieure et mieux les transporter.

Happées par une grue géante, elles retrouvent le plancher des vaches.

(Photo Jade Robin, Drac IdF)
(Photo Yann Foreix, Le Parisien)
(Photo Philippe Wozajer, Reuters)
(Photo Y. Boschat, NDP)

 

Ces personnages ignorent être des miraculés.

 

L’échafaudage doit atteindre le sommet de la flèche d’ici l’été. Malgré l’interdiction, des ouvriers fument parfois sur les échafaudages :  500 tonnes de 500 000 tubes d’acier installés depuis novembre dernier à près de cent mètres de haut.

(Photo Reuters)

 

C’est à l’été 2018 qu’ont été lancées les rénovations d’une cathédrale vieille de plus de huit cents ans. Durée prévue du chantier : 20 ans.

Premier objectif, la flèche : Début à l’automne. Vérification de l’étanchéité de la couverture de plomb, restauration des statues de cuivre. Durée prévue : 4 ans. Coût : 10 millions €.

Ensuite, 2020 : Chevet et sacristie, rénovation des arcs-boutants, vérification de l’étanchéité, restauration des vitraux, sculptures et serrureries du XIXe siècle, maçonneries. Durée : 10 ans. Coût 30 millions €.

Moyen terme : Nef et transepts : vérification de l’étanchéité des vitraux et rosaces (XIIIe siècle), restauration des sculptures et des balustrades. Coût : en attente d’estimation.

En prime, le nettoyage de l’édifice, noirci par la pollution est programmé après celui de la façade et sa restauration réalisés dans les années 1990.

La tâche est colossale. Semaine sainte ou pas, les ouvriers continueront de s’y atteler.

 

Pendant ce temps, à l’intérieur, pas de cérémonie particulière dans l’Église catholique. Lundi les habituelles Vêpres. Jeudi, la messe chrismale. Vendredi saint, pas de messe mais un chemin de croix, — l’Église est en deuil. Samedi, la veillée pascale. Dimanche, fête, la plus importante du christianisme : le Christ est ressuscité. Alléluia !

Seul le premier des rendez-vous sera respecté.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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