La revanche posthume du banni de Notre-Dame

 

Véto sous les vitraux… Dans leurs amples soutanes, les éminences ont d’étroits points de vue. Un célèbre chanteur l’a appris à ses dépens.

 

Charles Trenet s’est vu, un jour, refuser l’autorisation de donner un concert à Notre-Dame de Paris. Les maîtres des lieux voulaient ainsi marquer leur condamnation de l’homosexualité. Le fou chantant a ravalé sa déception mais ne l’a pas oubliée.

 

L’histoire n’a été connue que cinq ans après sa mort grâce à un album enregistré dans les années 1990 : Je n’irai pas à Notre-Dame (2006).

 

La chanson titre est une moquerie de cette censure qui priva Trenet de chanter dans la nef capitale.

 

Je n’irai pas à Notre-Dame

Chanter mes petites chansons

Chanter les poètes et leur âme

Si près de dieu dans sa maison

Évoquer mes jeunes années

Font-Romeu et son ermitage

Et vos montagnes Pyrénées

Qui faisiez partie du voyage

Je n’irai pas chanter la Mer

Est-ce vraiment un scandale

De la faire danser en l’air

Aux voûtes d’une cathédrale

La chose est-elle défendue

D’évoquer Paris grise et bleue

De ma vieille maman perdue

Dans son pavillon de banlieue

Défendu amour de naguère

Qu’en reste-il donc à présent

Souvenirs des années de guerre

D’un cœur qui fut adolescent

Défendu alors la cadence

D’un paisible et tendre refrain

Mélodie de la douce France

De ses villages riverains

De ses campagnes émerveillées

Au son des cloches du printemps

Et de parcs émerveillés

Depuis longtemps longtemps longtemps

De la foule des grandes villes

Qui ce jour-là vit dans l’espoir

De lendemains joyeux tranquilles

Au coin d’une rue on peut voir

Couplets légers qui nous redisent

Que la terre est si près du ciel

Ils ont leur place dans l’église

De saint Pierre et saint Gabriel

Ils ont leur place au bout du monde

Où le monde les a chantés

Quand parfois à une seconde

Un miracle les a portés

Ils ont leur place dans nos rêves

Les plus purs et les plus certains

Ils viennent enrichir la serre

Qui fait refleurir nos matins

Ils ont leur place ou l’amour chante

Ou la haine est vaincue par eux

Car au fond les choses méchantes

Naissent du mal des malheureux

Alors pourquoi donc les combattre

Sans le moindre petit crédit

L’église n’est pas un théâtre

Oui mais on chante au paradis

Je n’irai pas à Notre-Dame

Je n’ai pas l’autorisation

Ai-je bien mérité le blâme

D’offrir à dieu

Quelques chansons

Merci mon Dieu

 

https://www.youtube.com/watch?v=c1LzS2v3y5A

 

Le Grand Charles (de Gaulle) eut droit à un hommage à Notre-Dame après sa mort. Trenet (Charles) a attendu d’être admis au Paradis (si on l’en croit) pour mériter l’écoute bienveillante de Dieu le père.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

 

Une pensée sur “La revanche posthume du banni de Notre-Dame”

  1. Hélas, Patrice, je dois bien reconnaître que je ne viens pas ici aussi souvent que je le devrais. Et même cette visite que je vous fais n’a pas vraiment pour but de lire votre chronique cathédralesque, mais plutôt de remarquer que nous sommes à la veille du mois d’août… Et que votre quizz estivalier et proustien va manquer terriblement, cette année… Hélas ! Hélas ! Hélas ! Trois fois hélas !

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