Georges Brassens et Notre-Dame

 

Autoproclamé « anticlérical fanatique » et «gros mangeur d’ecclésiastiques », mais défenseur de la messe en latin (dans Tempête dans un bénitier : Le souverain pontife avecque / Les évêques, les archevêques / Nous font un satané chantier / Ils ne savent pas ce qu’ils perdent / Tous ces fichus calotins / Sans le latin, sans le latin / La messe nous emmerde »), Georges Brassens cite une fois la cathédrale de Paris.

 

C’est dans Le petit joueur de flûteau (1964), seule de ses deux cents chansons à évoquer la cathédrale :

 

Le petit joueur de flûteau

Menait la musique au château

Pour la grâce de ses chansons

Le roi lui offrit un blason

Je ne veux pas être noble

Répondit le croque-note

Avec un blason à la clé

Mon la se mettrait à gonfler

On dirait par tout le pays

Le joueur de flûte a trahi

 

Et mon pauvre petit clocher

Me semblerait trop bas perché

Je ne plierais plus les genoux

Devant le bon Dieu de chez nous

Il faudrait à ma grande âme

Tous les saints de Notre-Dame

Avec un évêque à la clé

Mon la se mettrait à gonfler

On dirait par tout le pays

Le joueur de flûte a trahi

 

Et la chambre où j’ai vu la jour

Me serait un triste séjour

Je quitterai mon lit mesquin

Pour une couche à baldaquin

Je changerais ma chaumière

Pour une gentilhommière

Avec un manoir à la clé

Mon la se mettrait à gonfler

On dirait par tout le pays

Le joueur de flûte a trahi

 

Je serai honteux de mon sang

Des aïeux de qui je descends

On me verrait bouder dessus

La branche dont je suis issu

Je voudrais un magnifique

Arbre généalogique

Avec du sang bleu a la clé

Mon la se mettrait à gonfler

On dirait par tout le pays

Le joueur de flûte a trahi

 

Je ne voudrais plus épouser

Ma promise, ma fiancée

Je ne donnerais pas mon nom

A une quelconque Ninon

Il me faudrait pour compagne

La fille d’un grand d’Espagne

Avec un’ princesse à la clé

Mon la se mettrait à gonfler

On dirait par tout le pays

Le joueur de flûte a trahi

 

Le petit joueur de flûteau

Fit la révérence au château

Sans armoiries, sans parchemin

Sans gloire il se mit en chemin

Vers son clocher, sa chaumine

Ses parents et sa promise

Nul ne dise dans le pays

Le joueur de flûte a trahi

Et Dieu reconnaisse pour sien

Le brave petit musicien

 

https://www.youtube.com/watch?v=3PiYS_39mT8&list=RD3PiYS_39mT8&start_radio=1

 

Faire rimer Notre-Dame avec grande âme, Brassens ne s’est pas foulé !

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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