Hélène Ségara, Garou et Notre-Dame

 

Il est des aveux qui coûtent…

Oui, Luc Plamondon et Richard Cocciante ont contribué à populariser Victor Hugo et la cathédrale de Paris. Et oui, Esméralda et Quasimodo ont pour des générations et pour l’éternité les trais d’Hélène Ségara et de Garou.

 

C’est incontestable. Nous devons vivre avec ces faits.

Quand l’Incendie ravage Notre-Dame de Paris, en deux décennies, plus de huit millions et demi des Terriens ont vu et applaudi la comédie musicale créée par un Québécois et un Franco-Italien et interprétée par une Franco-Arménienne et un Canadien.

Avec Notre-Dame de Paris, le roman, Victor Hugo a sauvé l’édifice au XIXe siècle. Notre-Dame de Paris, version scénique, diffuse la légende française dans le monde entier.

La première de l’œuvre a lieu le 16 septembre 1998 au Palais des Congrès de Paris. Ensuite, elle est adaptée en huit langues (anglais, italien, espagnol, russe, coréen, néerlandais, polonais et mandarin) pour des milliers de représentations. Le 5 janvier 2019 marque la 5 000e représentation dans le cadre du 20e anniversaire du spectacle. Elle triomphe à Bruxelles, Londres (dix-huit mois d’affilée), Milan, Barcelone, Las Vegas (sept mois à l’affiche). Elle tourne en Chine, Corée du Sud, Japon, Taiwan, Russie et Singapour. Le Gran Teatro est construit pour elle à Rome et reçoit la pièce durant dix ans. Elle est jouée au Liban, en Turquie et en Pologne…

Zénith de Rouen 2017 (Cocciante, 2e; Plamondon, 9e) 

Dans la version française, deux de la trentaine de chansons sont des « tubes » : Le Temps des cathédrales et Belle (à trois voix, Garou (Quasimodo), Daniel Lavoie (Frollo) et Patrick Fiori (Phœbus), vendue à deux millions et demi d’exemplaires.

 

Gringoire

C’est une histoire qui a pour lieu

Paris la belle en l’an de Dieu

Mil quatre cent quatre-vingt-deux

Histoire d’amour et de désire

Nous les artistes anonymes

De la sculpture ou de la rime

Tenterons de vous la transcrire

Pour les siècles à venir

Il est venu le temps des cathédrales

Le monde est entré

Dans un nouveau millénaire

L’homme a voulu monter sur les étoiles

Ecrire son histoire

Dans le verre ou dans pierre

Pierre après pierre, jour après jour

De siècle en siècle avec amour

Il a vu s’élever les tours

Qu’il avait bâties de ses mains

Les poètes et les troubadours

Ont chanté des chansons d’amour

Qui promettaient au genre humain

De meilleurs lendemain

Il est venu le temps des cathédrales

Le monde est entré

Dans un nouveau millénaire

L’homme a voulu monter vers les étoiles

Ecrire son histoire

Dans le verre ou dans la pierre

Il est foutu le temps des cathédrales

La foule des barbares

Est aux portes de la ville

Laissez entrer ces païens, ces vandales

La fin de ce monde

Est prévue pour l’an deux mille

Est prévue pour l’an deux mille

 

Quasimodo
Belle
C’est un mot qu’on dirait inventé pour elle

Quand elle danse et qu’elle met son corps à jour, tel

Un oiseau qui étend ses ailes pour s’envoler

Alors je sens l’enfer s’ouvrir sous mes pieds

J’ai posé mes yeux sous sa robe de gitane

A quoi me sert encore de prier Notre-Dame

Quel
Est celui qui lui jettera la première pierre

Celui-là ne mérite pas d’être sur terre

O Lucifer !

Oh ! Laisse-moi rien qu’une fois

Glisser mes doigts dans les cheveux d’Esméralda

Frollo
Belle
Est-ce le diable qui s’est incarné en elle

Pour détourner mes yeux du Dieu éternel

Qui a mis dans mon être ce désir charnel

Pour m’empêcher de regarder vers le Ciel

Elle porte en elle le péché originel

La désirer fait-il de moi un criminel

Celle
Qu’on prenait pour une fille de joie une fille de rien

Semble soudain porter la croix du genre humain

O Notre-Dame !

Oh ! laisse-moi rien qu’une fois

Pousser la porte du jardin d’Esméralda

Phoebus
Belle
Malgré ses grands yeux noirs qui vous ensorcellent

La demoiselle serait-elle encore pucelle ?

Quand ses mouvements me font voir monts et merveilles

Sous son jupon aux couleurs de l’arc-en-ciel

Ma dulcinée laissez-moi vous être infidèle

Avant de vous avoir mené jusqu’à l’autel

Quel
Est l’homme qui détournerait son regard d’elle

Sous peine d’être changé en statue de sel

O Fleur-de-Lys,

Je ne suis pas homme de foi

J’irai cueillir la fleur d’amour d’Esméralda

Quasimodo, Frollo et Phoebus

J’ai posé mes yeux sous sa robe de gitane

A quoi me sert encore de prier Notre-Dame

Quel
Est celui qui lui jettera la première pierre

Celui-là ne mérite pas d’être sur terre

O Lucifer !

Oh ! laisse-moi rien qu’une fois

Glisser mes doigts dans les cheveux d’Esméralda

Esméralda

 

L’intrigue de la comédie musicale est assez fidèle à Victor Hugo : En l’an de grâce 1482, le troubadour Gringoire raconte une histoire dont il a été témoin. Des Bohémiens, guidés par Clopin, s’installent à Paris, ce qui déplaît à Frollo, archidiacre de la cathédrale. Utilisant le pouvoir de l’Église, il convainc Phœbus, jeune chevalier et chef des archers du roi de les expulser. Pourtant, il n’a pas prévu que, parmi ces sans-papiers, se trouve une jeune femme dont l’homme d’arme tombe amoureux. Du nom d’Esméralda, la belle, protégée par Clopin, est « la reine de la Cour des miracles ». Naïve, elle tombe sous le charme de ce beau chevalier, fiancé à Fleur-de-Lys, ignorant qu’elle est également désirée par Frollo, quoique prêtre, et Quasimodo, le sonneur des cloches, quoique bossu, borgne et boiteux.

 

Après le 15 avril 2019, une pétition est lancée pour que l’équipe originelle de 1998 se réunisse à nouveau et organise un concert de charité dont les bénéfices seront reversés à la reconstruction de l’édifice religieux. Luc Plamondon, parolier de la comédie musicale, se dit partant.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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