La cloche de Notre-Dame, version 2019

 

La cathédrale de Paris et la centrale de Tchernobyl,  même combat ?

L’actualité de Notre-Dame plombe l’ambiance. Il n’y en a que pour les risques dus au plomb. Il ne s’agit plus du métal fondu que Quasimodo déverse sur ses assaillants dans le roman de Victor Hugo, mais de ce que sont devenues les quatre cents de plomb qui ont brûlé dans l’Incendie.

Des oiseaux de mauvais augures annoncent des drames : « Scandale sanitaire », selon telle association ; plainte déposée pour « mise en danger d’autrui et non-assistance à personne en danger », par une autre ; « priorité à la santé », clame une centrale syndicale.

La même liste les catégories professionnelles exposées depuis avril : « pompiers, agents de nettoyage, policiers, personnels de l’Hôtel-Dieu, bouquinistes, salariés des bars et restaurants environnants ». Elle oublie les marchands de souvenirs et les mendiants — mais ceux-là ne se syndiquent pas. D’autres se chargent de la menace planant sur les bébés, les écoliers et les riverains, mais nul ne parle des touristes. Ne sont-ils pas concernés eux aussi par le caractère « cancérogène, neurotoxique et reprotoxique » du plomb, par « ses effets, pour la plupart, silencieux » par les « troubles cardio-vasculaires, cognitifs et rénaux », dénoncés par une sociologue ?

Et on lâche le mot qui tue : « contamination ».

La solution, selon tous : le confinement. Comme les bords de la Seine ne sont pas l’Ukraine, on ne parle pas de sarcophage mais de cloche. Une cloche pour Notre-Dame ! Il fallait oser.

L’excellent Ouest-France en a fait ses choux gras, titrant « Mettre la cathédrale “sous cloche“ pose “un problème de faisabilité“, estime la mairie ». Et de rappeler les propos d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, sur LCI : « On n’est pas contre » le confinement de la cathédrale, « c’est simplement un problème de faisabilité ». « Mettre une énorme cloche autour de Notre-Dame » afin « de créer une zone de dépression pour éviter l’exfiltration de poussière, chacun comprend que, du point de vue technique et financier, c’est une décision qui est incroyablement complexe à mettre en œuvre ».

 

À donner le bourdon.

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

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