Monsieur ou Monseigneur

 

Comment les appeler ? Ah, le savoir-vivre, les bonnes attitudes en société, les comportements appropriés, les mots châtiés à ne pas rater ! Même, voire surtout, face à un ecclésiastique, il ne faut pas se prendre les pieds dans la soutane.

 

Tenons-nous en aux formules de politesse.

 

À un curé, un abbé : Monsieur le Curé, Monsieur l’Abbé.

À un évêque, un archevêque : Monseigneur, Votre Excellence.

À un cardinal : Éminence, Votre Éminence.

 

Si vous voulez montrer que vous avez tous les certificats — de baptême par exemple — pour vous mettre dans ses bonnes grâces, n’hésitez pas à donner du « Mon Père » long comme le bras au jeune prêtre débarqué dans votre paroisse. Qu’importe que vous ayez l’âge d’être son grand-père ou sa grand’mère.

 

Il faut avoir le toupet de la duchesse de Guermantes pour s’affranchir des règles. Marcel Proust a dû se régaler à écrire ces mots de la Recherche :

*La dernière d’Oriane, c’était, par exemple, qu’ayant à répondre au nom d’une société patriotique au cardinal X…, évêque de Mâcon (que d’habitude M. de Guermantes, quand il parlait de lui, appelait « Monsieur de Mascon », parce que le duc trouvait cela vieille France), comme chacun cherchait à imaginer comment la lettre serait tournée, et trouvait bien les premiers mots : « Éminence » ou « Monseigneur », mais était embarrassé devant le reste, la lettre d’Oriane, à l’étonnement de tous, débutait par « Monsieur le cardinal » à cause d’un vieil usage académique, ou par « Mon cousin », ce terme étant usité entre les princes de l’Église, les Guermantes et les souverains qui demandaient à Dieu d’avoir les uns et les autres « dans sa sainte et digne garde ». Le Côté de Guermantes

 

Il est vrai que sous l’Ancien Régime, on appelait les évêques par le nom de leur diocèse, précédé de « Monsieur » : par exemple, Bossuet était « Monsieur de Meaux ». Aujourd’hui, pour les autorités républicaines, cet éminent membre du clergé reste « Monsieur l’évêque ».

Imaginons maintenant que vous croisiez le pape. Ne vous laissez pas prendre au dépourvu. Successeur de Pierre, évêque de Rome, il est le chef de l’Église catholique apostolique et romaine — voilà pourquoi ses adresses sont destinées à la Ville et au monde, Urbi et orbi. Chef d’État — monarque de la Cité du Vatican — et guide spirituel, il est appelé souverain pontife, du latin pontifex, qui fait le pont (sacré).

D’abord, parlez-lui à la troisième personne : « Très Saint Père, Votre Sainteté. »

Si vous êtes catholique et si François vous offre sa main, c’est l’occasion ou jamais d’embrasser rapidement, mais respectueusement son anneau de saint Pierre, connu aussi sous le terme d’anneau du Pêcheur. Si vous n’êtes pas croyant, aucun souci : le pape vous tend-il la main ? Serrez-la lui !

 

Pour écrire à l’actuel titulaire :

Sa Sainteté le Pape François

Palais Apostolique

00120 Cité du Vatican

 

Foi d’incroyant…

Patrice Louis

 

 

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